Ce cheval, entraîné par M. von Osten, professeur de mathématiques et amateur de chevaux, était capable de répondre à des questions arithmétiques en tapant du sabot, et même de lire, d'épeler, d'identifier des notes de musique lorsque les questions étaient préalablement converties en nombres.
Un comité de treize savants, la « Commission Hans », fut constitué par le philosophe et psychologue Carl Stumpf pour vérifier ces allégations. Constatation troublante, le cheval répondait correctement même en l'absence de son maître, ce qui infirmait l'hypothèse d'une supercherie. Le comité passa le relais au psychologue Oskar Pfungst, qui publia les résultats de sa recherche en 1907. On parle depuis du « phénomène Clever Hans » ou, comme Rémy de Gourmont, des chevaux d’Elberfeld.
Oskar Pfungst étudia ce cas d'une manière expérimentale.
Il effectua les tests suivants :
• isoler Hans et l'interrogateur de tout spectateur, pour éviter tout indice extérieur ;
• utiliser d'autres interrogateurs que le maître de Hans ;
• à l'aide d'œillères, faire en sorte que Hans ne voie pas l'interrogateur ;
• poser des questions dont l'interrogateur ignorait les réponses.
Il constata les faits suivants :
• le cheval répondait correctement, quelle que soit la personne qui posait la question ;
• mais il ne répondait pas correctement :
- quand la personne était hors de son champ de vision ;
- quand la personne ignorait elle-même la réponse à la question.
Pfungst en déduit que le cheval devait interpréter le comportement de la personne qui l'interrogeait. Il s'y intéressa donc et remarqua que de minuscules mouvements du visage trahissaient la réponse correcte, et que le cheval réagissait comme à un stimulus à ces petits mouvements musculaires.
Ce n'était donc pas une supercherie, car :
• ces mouvements étaient indépendants de la volonté de l'interrogateur ;
• le cheval réagissait véritablement à un stimulus.
Toutefois, le cheval ne « réfléchissait » pas véritablement à la question en elle-même.